Je t'aime
En ce jour de la Saint Valentin, j’ai juste envie de te dire que je t’aime.
Et oui, ce texte te concerne, même si je ne te connais pas encore.
Un profond amour
D’aussi longtemps que je me souvienne, j’ai toujours éprouvé un profond amour pour les personnes qui m’entourent, alors oui, effectivement, ce n’est pas un amour comme l’entend aujourd’hui la société…
C’est un amour profond, véritable, inconditionnel pour la part d’humanité que tu portes en toi et que je reconnais (presque toujours).
La vie m’a longtemps appris à le taire car cet amour a (trop) souvent été mal compris.
Il faut dire que le sens que l’on donne à l’amour a subi quelques modifications au cours du temps et si l’on regarde la définition que donne l’académie française aujourd’hui, je ne peux m’y retrouver :
« Eprouver pour quelqu’un une inclination tendant à l’union. Être porté, attiré, entrainé vers quelqu’un par un penchant instinctif fait de désir et de sympathie mêlés. S’attacher à un être, se donner à lui, se dévouer à lui en allant jusqu’à préférer son bonheur au sien propre »
Mais quelle horreur ! Effectivement, si lorsque l’on dit je t’aime, il est entendu je te désire et je veux m’attacher à toi, cela ne peut que devenir compliqué…
Pour ma part, j’aurais plutôt tendance à rejoindre certaines études qui précisent que l’amour est un état de résonnance affective agréable entre deux personnes, avec une dimension altruiste (on veut du bien à l’autre). Autrement dit il y a de l’amour quand on se réjouit d’être en présence d’un autre être humain à qui on veut du bien.
C’est ce sentiment que j’éprouve depuis que je suis enfant. Je me réjouis de rencontrer de nouvelles personnes et je leurs veux du bien. Je les aime et leurs offre tout mon amour.
Un sens oublié
Malheureusement, ce sens profond a tendance à s’oublier au profit du sens retenu par l’académie française et notre culture judéo-chrétienne. Je pense que l’on peut aimer sans éprouver de désir et je ne suis pas sûr que l’attachement soit une bonne chose non plus.
En tout cas, cette représentation de l’amour peut facilement conduire à des dérives que l’on ne constate que trop aujourd’hui, où l’attachement devient possession, voir emprise.
Je le vois notamment dans la question de la jalousie. Cette dernière est souvent prise comme une marque d’amour de la part de l’autre : il est jaloux, c’est qu’il m’aime, il tient à moi…. C’est quelque chose que l’on peut facilement entendre. Pour ma part, la jalousie ne traduit pas l’amour mais la possession, en tout cas la volonté de posséder l’autre et de le garder pour nous seul… c’est un concept très égoïste car qu’en est il du bonheur de l’autre ? Où est le bien que l’on veut à l’autre dans cette histoire ?
Pour ma part, je suis à l’opposé de cette conception et si cela n’a pas toujours été facile, notamment quand j’étais plus jeune, je ne le regrette pas. Quand je dis que cela n’a pas toujours été facile, c’est que lorsque j’avais une mauvaise image de moi-même, je ne voyais pas ce que je pouvais apporter à une autre personne et de ce fait, j’ai souvent encouragé les personnes que j’aimais à aller avec d’autres qui pourraient leur apporter mieux ou plus.
De même, je n’ai jamais su ou pu, ou eu envie de me battre pour une personne, partant du principe que si elle ne me choisissait pas, si elle préférait une autre relation, c’est qu’elle se sentait plus heureuse avec l’autre et la savoir heureuse me satisfaisait pleinement. C’est d’ailleurs toujours le cas. Cela n’a pas non plus toujours été compris, ma partenaire du moment pouvant interpréter cela comme un manque d’amour à son égard ; mais à quoi bon essayer de garder auprès de nous une personne qui a envie de partir ? Si elle estime être plus heureuse ailleurs, pourquoi vouloir la priver de ce bonheur ?
Un amour inconditionnel
C’est en ce sens que je parle d’un amour inconditionnel : je ne te demande pas de m’aimer en retour. Je t’aime, je te veux du bien et je ferais ce que je peux pour t’en donner.
Alors oui, j’ai conscience que cela peut être décaler et que cela puisse faire peur… J’ai également perdu des personnes qui n’ont pas compris que je pouvais donner sans attendre et qui craignaient qu’à un moment il y ait un pris à payer, parce qu’« aujourd’hui rien n’est gratuit ».
De ce fait, durant longtemps, je me suis empêché d’aimer comme j’en avais envie, je me suis freiné dans ce que je pouvais donner par crainte de perdre des relations ou que cela soit mal compris.
Je n’ai plus envie de cela. J’ai juste envie d’être moi et de donner mon amour quand j’en ai envie. Si cela n’est pas compris, si cela créait de la distance ou des quiproquos, je le regrette, c’est dommage mais je ne doute pas qu’à un moment les personnes finiront par comprendre mon fonctionnement.
Aujourd’hui, je peux d’autant plus le faire que j’ai appris à m’aimer réellement. De ce fait, je ne vais plus me perdre dans l’amour que je peux donner à l’autre. Je sais où sont mes limites, à quel moment je ne pourrai plus répondre à d’éventuelles attentes de l’autre car elles toucheront ces limites et je peux donc plus facilement mettre des mots et les expliquer pour que l’autre le comprenne et le respecte, tout comme j’entends les limites de l’autre personne si cette dernière les exprime et que je les respecte, chacun est effectivement libre de recevoir ou pas ce que je lui offre.
Le respect me semble primordiale dans l'amour
Cette notion de respect me semble primordiale dans l’amour. Le respect de soi mais également le respect de l’autre, de ce qu’il est, avec ses qualités et ses défauts. Aimer pleinement, c’est accepter l’autre dans son entièreté. Vouloir changer l’autre pour qu’il réponde à tous nos critères, ce n’est pas, non plus, à mon sens de l’amour… Certes, nous pouvons avoir envie de l’aider à évoluer, à progresser mais cette envie doit avant tout respecter la sienne et également son rythme… même si ce dernier est différent du nôtre. De quel droit puis-je dire à l’autre ce qui est bon pour lui et donc décider de ce qu’il doit ou ne doit pas faire ? Je peux l’accompagner, être là, le conseiller mais la décision lui appartient et si cette décision ne suit pas mon conseil, c’est ok car c’est son choix.
Respecter l’autre, c’est également respecter ses croyances, ses coutumes, sa culture et pour se faire, s’y intéresser pour pouvoir les comprendre et les accepter afin de ne pas le blesser, ce qui serait contraire à lui vouloir du bien…
Alors oui cela semble être la base même de toute relation et je suis assez d’accord sauf que finalement, cette base essentielle, ce terreau semble être oublié aujourd’hui. Combien de personnes souffrent d’un manque d’amour ou de carences affectives et combien d’autres pensent en souffrir parce qu’elles n’arrivent pas à le reconnaitre dans les relations qui les entourent ? pourquoi est-ce si difficile aujourd’hui de dire à quelqu’un que nous l’aimons ? Pourquoi est-ce difficile d’entendre quelqu’un nous dire qu’il nous aime ?
En tout cas pour ma part je n’ai plus envie de me taire et je te le dis :
Je t’aime !
