Comment une simple promenade devient un moment d’introspection…
J’étais à Clermont Ferrand fin février. Etant arrivé un peu en avance sur ma programmation officielle, j’en ai profité pour aller me promener le vendredi, d’autant qu’il faisait un temps estival !
Je devais récupérer une pierre peinte au sud d’Issoire et je repère donc deux lieux qui me semblent sympa par là-bas.
Suivre les propositions
Avant de prendre la route, je passe au magasin saluer l’équipe et j’évoque mon programme de la journée avec une amie qui me recommande un site : le sentier des cheminées des fées.
Je regarde sur google qui me trouve le lieu et faisant confiance à ce message au moment de partir, je lance mon GPS pour m’y rendre, sans plus me renseigner sur ce site ou son environnement…
Le GPS me guide donc à travers la campagne, bifurque de route face à une déviation, et me mène ainsi à travers un petit village avant de me faire prendre un chemin caillouteux qui grimpe. N’ayant peur de rien, je me lance dans ce chemin avec ma voiture. Ce dernier se rétrécie tranquillement, continue de bien grimper. Je le suis donc un moment, évitant, autant que possible, les trous, les bosses, les grosses pierres et les rigoles creusées par l’eau… La voiture patine parfois, m’obligeant à reculer un peu pour réussir à franchir un obstacle… Je me revois conduisant sur les chemins togolais et j’adore ça ! Sauf que nous sommes en France et que plus ça va, plus je doute que le GPS m’ait indiqué la bonne route et que ma voiture va réussir à m y conduire….
Qu’à cela ne tienne, je repère un petit renfoncement ou je pourrais laisser mon véhicule, je fais donc un petit demi tours et décide de laisser la voiture et de continuer à pied. A priori, vu le lieu, je ne pense pas que d’autres voitures vont passer par là et qu’elle puisse les gêner… De toute façon, au pire, mon numéro de téléphone est inscrit dessus !
Sortir des sentiers tracés

Je regarde mon GPS. Ce dernier continue ce chemin un long moment avant de prendre un premier chemin à droite qui redescend… Cela fait une petite marche… alors que le point d’arriver n’est vraiment pas loin en traversant les champs et les bois… Quelques souvenirs de la semaine passée, jeune adulte, avec les scoutes italiennes me reviennent… Là où il n’y a pas de chemin, nous le tracerons !
L’aventure est toujours tentante et je décide donc de couper à travers champs et bois. Je repère un premier sentier dans le bois et décide de le suivre avant d’arriver à un mini précipice pas vraiment praticable… Je décide donc de le contourner et trouve ce qui devait être un circuit de VTT ou moto cross abandonné. Je gravis un bon dénivelé, me bat un peu avec les ronces, traverse des espaces assez boueux pour arriver à un foret assez dense.
Un petit regard au GPS, je ne suis plus très loin, je devrai pouvoir retrouver le chemin prévu en continuant dans la même direction. Ce que je fais, me frayant un passage à travers la végétation, tout en me disant quand même que finalement, j’aurais peut-être été plus rapide en suivant le chemin proposé par le GPS… J’arrive enfin au bord du chemin, enfin presque : il est un peu en contrebas et derrière une belle haie de ronce… Je cherche un passage possible, juste devant un arbre pour pouvoir me retenir dans la descente et j’y vais ! Je suis bien arrivé sur le chemin, sans tomber ! Mais ma chemise est restée accrochée aux ronces et s’est fortement déchirée à deux endroits…. Cela reste un détail, la bifurcation vers le sentier, objectif de ce périple n’est plus très loin. Je suis finalement assez satisfait de ce parcours et de découvrir un lieu qui mérite tous ces efforts !
Un objectif différent de celui attendu, mais tout aussi magnifique
En arrivant à la bifurcation, je tombe sur un sentier touristique très bien entretenu sur lequel se promènent des familles avec de jeunes enfants (quand même pas de poussette !) mais qui me regardent un peu bizarrement avec mes sandales pleines de boue et ma chemise déchirée… Bon, j’avoue avoir été un peu déçu, pensant rejoindre un site reculé et peu connu, au vu du chemin emprunté !
Toutefois, le regard des autres ne me dérange plus, je finis donc ma route en empruntant ce sentier balisé pour découvrir un magnifique site (il faut quand même l’avouer). Je poursuis d’ailleurs un peu le chemin barré (encore du hors-piste) pour trouver un très bel endroit ou me poser et jouer un peu de tambour en gratitude à cette nature splendide et ce lieu atypique.
Pour le chemin de retour, j’ai quitté le chemin balisé pour reprendre « mon » chemin mais que j’ai suivi cette fois jusqu’à ma voiture. Je n’ai pas tenté de refaire du hors-piste, L’expérience est sympa mais je ne suis pas complètement masochiste… enfin, je ne pense pas !

Un regard bienveillant sur mon fonctionnement
Chemin faisant, je me suis toutefois interrogé sur cette expérience et la manière dont je m’étais, plus ou moins inconsciemment, compliqué la vie… Cela a fait échos à ce que disait mon prof de math de lycée : « Emmanuel, il fait sa tambouille, il se complique souvent les choses mais fini par trouver le bon résultat. » Certes, il parlait de mon résonnement mathématiques… mais ce n’est peut-être pas si faux pour certaines décisions prises dans ma vie.
Quel qu’en soient les raisons, je peux avoir du mal à rester sur les sentiers balisés, et vais ainsi tenter de tracer ma route quitte à me piquer dans les ronces ou à déchirer ma chemise…
Je ne sais pas si c’est une bonne ou une mauvaise chose, je n’arrive pas vraiment à trancher cette question… Je dis souvent que la vie est assez simple quand on ne se la complique pas nous même…
Par contre, ce que j’ai vécu ce jour là comme aventure, est nécessairement très différente de celle vécue par les familles que j’ai croisées et je pense que le regard que j’ai posé sur ce site l’était également au vu du chemin qui m’y a conduit ! D’ailleurs, le chemin n’est-il pas tout aussi important que la destination ?
Est-ce que cette expérience m’a servie de leçon afin que je sache rester sur le chemin la prochaine fois ? Je ne pense pas car finalement, même si je me suis demandé à plusieurs reprises ce que je faisais là au bord du précipice ou au milieu de la forêt, j’ai aimé emprunter ce chemin unique et vivre cette expérience de façon aussi intense !
